Baphomet est le nom donné par certains occultistes du XIXe siècle à l'idole mystérieuse que les chevaliers de l'Ordre du Temple furent accusés de vénérer.
C'est en reprochant ce culte aux Templiers que l'Église et les pouvoirs séculiers, voyant débarquer ces 30 000 hommes de guerre expérimentés de retour des croisades sur les terres de l'Occident chrétien, justifièrent la mise au ban de l'Ordre.
Il faut bien entendu se méfier des rumeurs qui furent véhiculées par les ecclésiastiques de l'époque, qui ne visaient qu'à associer cette religion ésotérique prétendue à des activités diaboliques pour mieux obtenir un rejet unanime. Ils accusèrent les Templiers d'hérésie et d'idolâtrie lorsque ces derniers leur décrivirent les rites d'initiation de l'Ordre, au cours desquels l'on devait s'incliner devant cette idole.
Dans le même ordre d'idée d'allusion à la symbolique du ternaire, une clé de voûte représentant trois faces humaine à la bouche ouverte fut découverte dans une salle de la forteresse de Tomar. Seuls, des experts ont pu avoir accès à la partie du château qui la contient. Cette salle est interdite au public. (source documentaire Arte)
À Paris dans le IV° arrondissement, on trouve un diable sur le tympan du porche de l'église Saint-Merri ( une tête masculine sur un corps de femme avec des cornes de démon et des ailes d'anges[1]). Il fut sculpté entre 1841 et 1843. Certains y voient l'image d'un Baphomet
La créature fantasmagorique fait presque immanquablement l'objet d'un engouement chez les individus et groupes qui s'intéressent aux Templiers, en particulier lorsque l'on aborde les prétendues pratiques hétérodoxes qu'ils auraient acquises au Proche-Orient, au contact des cultures déjà en place parmi les états latins d'Orient.
Un frère occitan de Montpezat, Gaucerant, avoua avoir adoré une « image bafométique » qui, en langue d'oc, est une déformation de Mahomet, comme le prouve un poème de 1265, Ira et Dolor : « E Bafomet obra de son poder » (« Et Mahomet fait briller sa puissance »). Le terme « Baphomet » n'a jamais été prononcé par les accusateurs ni par les Templiers, mais seulement sous sa forme adjectivale « baphométique » ou « bafométique »[3].
Le témoignage du frère Gaucerant n'en fut pas moins à l'origine d'un malentendu qui permit aux auteurs et occultistes des siècles suivants de bâtir le terme « Baphomet », donnant lieu à tous les fantasmes possibles et imaginables.
Dès lors, plusieurs autres étymologies furent proposées : Baphe-métous, baptême de sagesse ; Bios-phos-métis, vie-lumière-sagesse ; Bapho ou Bafo, nom d'un port de Chypre dont le Temple fut très peu de temps le propriétaire ; Abufihamat, corruption de l'expression arabe "le Père de la compréhension", Maphomet "L'Incompris", ou encore de l'arabe Ouba el-Phoumet, "Père de la bouche" ; etc.
Hugh Schonfeld pensa qu'il s'agissait d'un mot codé. En effet, en appliquant le code Atbash (système de cryptage très ancien) au mot «Baphomet», on obtient «sophia», qui signifie sagesse en grec. Selon son interprétation, en vénérant Baphomet, les Templiers auraient voué en vérité un culte au principe de sagesse... ou aussi à la gnose.